Dieu ne vous pardonnera pas !

Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi; 15 mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes. Matthieu 6:14-15
Jésus donne ici un avertissement quelque peu surprenant en rapport avec le pardon. Pourquoi ? Parce qu’en refusant de pardonner nous nions notre propre état de pécheur et notre propre besoin de la grâce divine. Le pardon de nos péchés n’est pas la conséquence directe du pardon que nous accordons à notre prochain, mais il est fondé sur notre compréhension de ce que cet acte de grâce signifie (Ep 4.32). Il nous est généralement facile d’implorer le pardon divin et difficile d’accorder le nôtre.
   
Voici ce qu’est le pardon et ce qu’il n’est pas !
Pardonner n'est pas oublier.
Ceux qui veulent oublier tout ce qu'on leur a fait constatent qu'ils en sont incapables. Ne remettez pas à plus tard le fait de pardonner à ceux qui vous ont fait du mal, dans l'espoir que la douleur cessera un jour. C'est seu­lement une fois que nous avons choisi de pardonner à quelqu'un que Christ peut alors venir et commencer à nous guérir de nos blessures. Mais la guérison ne peut commencer tant que nous n'avons pas d'abord pardonné.

Le pardon est un choix, une décision de la volonté.
Puisque Dieu nous demande de pardonner, c'est que nous en sommes capables. Néanmoins, il est parfois très difficile de pardonner parce que nous voulons nous venger de ce que nous avons subi. Le pardon semble aller à l'encontre de notre notion du bien et de la justice. Nous persistons donc dans notre colère, punissant encore et encore en pensées les personnes concernées pour la souf­france qu'elles nous ont infligée.
Mais il nous est dit de ne jamais nous venger nous-mêmes (Romains 12.19). Laissez Dieu s'occuper de la personne. Il faut savoir passer l'éponge, car tant qu'on refuse de pardonner, on traîne son passé comme un boulet et on reste prisonnier de son amertume. En pardonnant, c’est vous qui passez l’éponge, pas Dieu. Vous devez avoir confiance que Dieu s’occupera de la personne avec justice et équité – ce dont vous êtes absolument incapable.
Alors, vous protestez sans doute en disant : « Mais vous ne savez pas tout le mal que cette personne m’a fait ! » Vous avez raison. Nous ne le savons pas, mais Jésus, lui, le sait, et c’est lui qui vous demande de pardonner. Or, ne voyez-vous pas ce qui se passe ? Tant que vous ne renoncez pas à votre colère et votre haine, la personne continue de vous faire du mal. Vous ne pouvez pas remonter le temps et changer ce qui s’est passé, mais vous pouvez en être libéré. Vous pouvez faire cesser la douleur, mail il n’y a qu’un seul moyen d’y parvenir : pardonner.

Pardonnez dans votre intérêt : pour pouvoir être libéré.
Le pardon est essentiellement une question d'obéissance à Dieu. Il veut que vous soyez libre et il n'y a pas d'autre moyen de l'être.
Pardonner, c'est accepter de vivre en subissant les conséquences du péché d'un autre.
Puisque vous allez de toute façon subir ces conséquences -que cela vous plaise ou non -, le seul choix qui s'offre à vous est de savoir si vous voulez que ce soit dans l'esclavage de l'amertume ou dans la liberté du pardon. Personne ne pardonne véritablement sans accepter et sans supporter la souffrance infligée par le péché d'un autre. Cela peut sembler injuste et vous vous demandez peut-être où se trouve la justice dans une telle démarche ; mais la justice se trouve à la croix, qui rend le par­don légalement et moralement juste.
Jésus a pris sur lui les conséquences éternelles du péché « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Corinthiens 5.21). Nous, par contre, avons souvent à subir les conséquences temporaires des péchés d’autrui. C’est simplement une dure réalité de la vie à laquelle nous devons tous faire face.

N'attendez pas qu'on vous demande pardon.
N'oubliez pas que Jésus n’a pas attendu que ceux qui étaient en train de le crucifier lui présentent leurs excuses pour leur pardonner. Alors même qu’ils étaient en train de se moquer de lui et de le railler, il pria : « Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23.34).

Pardonnez du fond du cœur.
Laissez Dieu ramener à la surface les sentiments douloureux que vous éprouvez envers ceux qui vous ont fait du mal. Si votre pardon n'atteint pas le cœur de vos émotions, il sera incomplet. Trop souvent, par peur de la douleur, nous enfouissons nos sentiments bien profondément au-dedans de nous. Laissez Dieu les ramener à la surface, pour qu'il puisse commencer à guérir ces émotions meurtries.

Pardonner, c'est choisir de ne plus en vouloir à quelqu’un pour son péché.
Les personnes qui entretiennent l'amertume ont l'habitude de reparler des problèmes du passé avec ceux qui leur ont fait du mal. Elles veulent les culpabiliser. Mais nous devons laisser le passé derrière nous et choisir de rejeter toute pensée de vengeance. Cela ne veut pas dire qu'il faille continuer de tolérer les futurs péchés d'autrui. Dieu ne tolère pas le péché et vous n'avez pas davantage à le faire. Ne vous laissez pas abuser continuellement par autrui. Prenez position contre le péché tout en continuant d'exercer la grâce et le pardon envers ceux qui vous font du mal. Si vous avez besoin d'aide pour fixer de sages limites afin de vous prémunir contre d'autres abus, parlez-en à un ami de confiance, un conseiller spirituel ou un pasteur.

N'attendez pas d'avoir envie de pardonner.
Cela n'arrivera jamais. Faites le choix difficile de pardonner même si vous n'avez pas le cœur à cela. Une fois que vous aurez choisi de pardonner, Satan aura perdu son pouvoir sur vous dans ce domaine et la main guérissante de Dieu pourra agir librement. Vos sentiments ne changeront pas forcément immédiatement, mais vous y gagnerez la liberté sur-le-champ.